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Biographie

A l'origine de ce qui pourrait être perçu, de ce côté-ci de l'Atlantique, comme l'écho tardif du mouvement no wave new-yorkais, Deity Guns d'abord, puis Bästard enfin, comptèrent énormément dans le paysage musical français indépendant des années 90. Pointus, ces pionniers originaires de la région lyonnaise n'eurent pas leur pareil quand il s'est agi d'installer des climats torturés en forme de dérives soniques.

De souterraine, leur influence se révéla majeure au fil des ans, même si, de cela, le modeste leader du groupe, Eric Aldéa, ne semble pas avoirc onscience, préférant se borner à constater que si certains ont eu envie de faire de la musique après les avoir écoutés, ce serait déjà terriblement gratifiant.

Après "Trans lines appointment", enregistré par Lee Ranaldo, Aldéa et les siens ressentent le besoin d'investir d'autres territoires. Plus mature, pas moins envoûtant que le petit frère, Bästard est né.
"Deux personnes, bien qu'opposées musicalement, l'une, zéro notion musicale, tout en "scrrrrr" et en "frrrrr" avec ce qui peut faire du bruit, l'autre, multi-instrumentiste, très à l'aise et de formation classique,
complètent cet espèce de résidu de groupe qu'était devenu Deity Guns. D'un seul coup, on étend notre champ musical avec des machines, des cordes, et on s'enferme jusqu'à ce que ça sorte !"

Cinq ans durant, ce sera la grande aventure. De 1992 à 1997 sortiront quatre albums, dont le dernier, "Radiant, Discharged, Crossed-Off" marque une espèce de point d'orgue qui résonne encore pour beaucoup comme l'acte de naissance de ce qu'on allait appeler le post rock.
Toutefois, c'est sur scène que Bästard donne cette pleine mesure dont Eric Aldéa garde un souvenir ému :
"C'était unique, éphémère. Même avec des machines, on était surtout un groupe qui jouait, se défonçait : la dimension humaine ressortait encore plus en concert, les versions que nous y donnions de nos morceaux étant souvent plus abouties".

Après un disque improvisé avec Yann Tiersen, plutôt que de ressasser, le groupe s'arrête, en fin de cycle créatif, et quasiment au sommet.

Presque 10 ans plus tard, alors que les lyonnais ont poursuivi séparément leurs expérimentations sonores (les 3 albums de Narcophony, le groupe d'Eric Aldéa, et récemment l'excellent "Highway to jail" de Spade & Archer, nouveau projet du batteur Franck Laurino, sont tous disponibles sur notre division 0101) et que nous avons déjà eu la chance de pouvoir éditer une magnifique anthologie du groupe, voilà le disque live qui témoigne enfin de ce rapport à la scène incomparable.

Texte en grande partie extrait d'un portrait réalisé par Philippe Robert pour Jazz Magazine.

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