Hasards et paradoxes... Depuis quatre ans, l'itinéraire de Zenzile semble jalonné de coïncidences bienveillantes et de singulières gageures, sans cesse renouvelées.
Paradoxal ? S'ils ne respectent pas tout à fait les règles, ils prennent le dub au pied de la lettre : comme un vaste champ d'expérimentation, où l'absence de barrières permet toutes les audaces. S'ils pratiquent, par essence, une musique de studio, ils accumulent les concerts où ils privilégient l'énergie et la chaleur. S'ils paient leur tribut à la tribu, ils errent dans toutes les arrières-cantines disponibles. S'ils habitent au pays de la Raison raisonnable et du texte-roi, ils dispensent un post-dub mutique. Mieux : ils ont transformé un handicap supposé - l'absence de chanteur - en un "système" de collaboration tous azimuts des plus performants. Issus de diverses crémeries de la scène angevine (hip-hop, acid-jazz, punk-rock, fusion...), ils ne peuvent qu'être disponibles à l'aventure. Comme lorsqu'un organisateur leur propose deux gigs à Londres, sous condition qu'ils jouent avec Jamika, une dub-poétesse américaine de sa connaissance, sans répétitions !!! Chiche ? "Il fallait vaincre nos réticences mais, sur scène, force est de reconnaître qu'il se passe quelque chose. Elle posséde un charisme certain et dégage une émotion incroyable" concédait Mathieu, le bassiste, à la suite du concert.
Une rencontre aboutissant à une mini-tournée en avril dernier (dont le Printemps de Bourges) et à ce nouveau maxi, sur lequel Jamika pose son phrasé élastique et ses prêches. Comme si elle était là depuis toujours. Ce qui n'est pas le cas de Stéphane, successeur de Jaja à la guitare depuis un an, qui éraille le ballet aérien de ses riffs dispendieux. Basse hiératique, claviers skunkés, rimshots de batterie, flûte envoûtante... la magie du maelström, strié d'effets, joue à plein. Outre les deux morceaux où figure Jamika (et leurs versions dub), présents sur le E.P. vinyl, on retrouve en bonus sur le CD deux remixes de "Love child", l'un électro-ténébreux de Tan'n (un activiste angevin), l'autre, ascétique en diable, de Luo, un collectif proche de Hint.
Hasardeux ? La trajectoire de Zenzile les ramène fréquemment vers l'Afrique. Leur blaze déjà, hommage à un poète sud-africain rétif à l'apartheid. Leur participation au Festival du Théâtre des Réalités de Bamako en novembre 99. La tournée estivale "Zenzile visite Mali" qu'ils effectueront en juin-juillet 2000 dans l'hexagone avec quatre musiciens maliens. Leur contribution à l'album de remixes de Fémi Kuti (paru chez Barclay et licencié en Angleterre sur le cultissime label house Nuphonic)... Les exemples abondent... et cela ne fait que commencer...
| 01 Revolution At | 08' 36" |
| 02 Revolution Dub | 04' 24" |
| 03 Love Child | 07' 23" |
| 04 Love Dub | 05' 24" |
| 05 Tan'nremix | 07' 45" |
| 06 Luoremix | 08' 58" |