Le deuxième album de keiki, intitulé “Waltham Holy Cross”, est sorti sur Cheap Satanism Records. Ces adorateurs de démons à deux balles entendent bien transformer ce duo bruxellois de “satanic pop” en Fausts modernes. Le succès, la gloire. Les âmes déjà en poche. Nombre de boucs en stock pouvant être sacrifiés à cet effet.
La recette peut paraître simple : chant assuré, riffs de guitare foudroyants, boîtes à rythmes uniquement programmées en mode “Step” et puis, surtout, les sons surnaturels du theremin, instrument aussi difficile à dompter qu’un cheval des Grandes Plaines. Simple, non. Mais direct, catchy et groovy, oui. Un monde rendu davantage tordu, étrange et drôle par des textes nous parlant de la mère d’Andy Warhol (“Andy’s Candy”), d’amour homosexuel entre une souris et un dragon (“Rainbow Cheese”), d’une ville balnéaire anglaise où la vieillesse est heureuse (“Skegness”), de la passion d’un boucher du Far West pour une prostituée (“Lottie Johl”), de cancer (“Forest Fire”), de dépendance maladive (“Glue”) ou de dissection (“Vital” – dont le titre est un hommage au réalisateur japonais Shinya Tsukamoto). Le titre de l’album, “Waltham Holy Cross”, évoque quant à lui le nom de cette petite ville perdue de la périphérie londonienne, près de laquelle la chanteuse de Keiki passa une partie de son enfance. La pochette du CD, dont les collages étranges ont été réalisés par Gélise, rend elle aussi un hommage tout particulier à la vie des suburbs britanniques : incendies, sexe et kangourous.