Le dub est maintenant unanimement reconnu comme l'une des sources premières de la musique actuelle : vibration urbaine métissée, importance de la production comme partie intégrante de la musique, principe de la version et des mixes multiples. Pendant longtemps royaume des grands manitous du son anglais ou jamaïcains (Lee Scratch Perry, King Tubby, Adrian Sherwood, Mad Professor...), cet art est maintenant partout en plein essor, dopé par le boom des musiques électroniques.
Issu du riche vivier de la scène angevine, ZENZILE - du nom d'un poète sud-africain anti-apartheid - est l'un des plus brillants représentants actuels de cet univers sonore en France. Venus d'horizons multiples (Hardcore, rap et jazz), ses 5 musiciens tiennent depuis 96 la gageure de performer live et sans samples une musique dont les origines se situent pourtant exclusivement dans le travail de studio, l'accent étant mis sur la fraîcheur du feeling et le traitement du son en façade. En 55 concerts l'année dernière, ils ont imposé sans coup férir leur «post dub» instrumental et organique, intense et ambiant, se faisant également remarquer par un CD 4 titres autoproduit, "Dub Promozione", ainsi que leur participation aux compilations "Créatures des abysses" (Wild Palm) et "Nova Future Dub".
Enregistré courant décembre, leur premier album "Sachem in Salem" (8 titres en vinyl, 9 en CD) sort le 8 mars 99. On y retrouve tous les ingrédients classiques qui font la magie du dub : basse reggae roulante et massive, effets hypnotiques, percussions aériennes, égrénage de guitares cristallines en leitmotiv, multiples instruments en illustration sonore (violon, mélodica, saxes, flûte), nappes de claviers et voix d'ambiance (en particulier de superbes inserts de chants féminins, comme sur "Alkaline O.D.").
ZENZILE y affirme son propre style, épuré, posé, à la fois retour aux sources et musique de dancefloor résolument moderne, véritable "ligne claire du dub" enrichie par la présence d'invités (Boochon, Lo'Jo) et les clins d'oeils de "Dub Vendetta" et "Pumpin" (Stranglers, Dub Syndicate). D'une facture minimaliste et condensée, sans surenchère de mix, ni technoïde, ni électronique, ce disque est une thérapie directe pour l'âme, qui "agrandit l'espace sonore et aère la tête" : pulsation vitale, force sereine et envoûtement évasif.
| 01 dub trooper | 04' 28" |
| 02 dub vendetta | 05' 11" |
| 03 single shot | 03' 40" |
| 04 pyrrhus victory | 04' 03" |
| 05 H-air | 04' 42" |
| 06 alkaline o.d. | 05' 11" |
| 07 pumpin' | 07' 12" |
| 08 warning | 05' 41" |
| 09 sachem in salem | 09' 08" |