A travers ces 7 nouveaux titres, Dirge réussit à fixer son propre décor, délibérément intimiste, dans une ambiance propice aux confessions, à l'aveu d'impuissance devant cette mélancolie rampante, devant l'échec d'une relation... Qu'il soit traité avec une certaine légèreté, presque ironique comme sur l'autoproclamé "Summer single" (auquel Cyann, de Cyann and Ben, prête sa voix en renfort) ou par une envolée fiévreuse, le thème de l'absence se mue en fil conducteur naturel, pour une musique au spleen fièrement assumé. Les souvenirs défilent, les textes se conjuguent au passé ; et dans ce lyrisme contenu, cette voix séchement posée, on reconnait finalement plus souvent la marque d'un songwriting proche de groupes comme Arab Strap ou Early day miners que celle d'un groupe de post-rock au sens traditionnel du terme. Ce qui peut être confessé sera donc de préférence chuchoté, sans le renfort d'un mur de guitares planantes ; comme le concède le chanteur, Yann, un brin désabusé. Alors bien souvent, ce sont les instruments qui se chargent de terminer la phrase, de compléter les points de suspension. Le sentiment nostalgique trouve donc dans Rebecca un écrin à sa mesure.