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Album

Ego:Echo

Description

Réédition (date de sortie originale : 2000 - produit par Michael Gira)

Cet album d'Ulan Bator est en fait une collaboration entre le groupe et Michael Gira (Swans) donnant un résultat impressionnant.
Gira apporte au groupe ce qui manquait sur les albums précédents: nuance, la diversité, la finesse dans les arrangements.
Le titre "Hemisphere" s'installe par de lentes respirations. Premiers chœurs, râles lents et silencieux. Ego :Echo laisse apprécier toutes ces petites aberrations de la voix qui rendent encore plus subtils et sensuels les murmures.
"Santa Lucia" donne la première baffe, cassure totale, plongeon dans la dissonance, stress des voix anxieuses et tension croissante. Les répétitions haletantes et insistantes d'"électricité" sont la première manifestation du moulin à prières de cet album à mantras.
"Ego : Echo", morceau phare de l'album se construit d'abord sur un long crescendo ambiant et chaud ponctué fugacement par les accords dramatiques d'un orgue hammond. On y retrouve les écarts et les tensions rock qui faisaient la force de Végétale. Puis le passage central, répétition à l'infini du mantra "let go / ego", finit par se fondre dans une envolée de guitares où s'abandonne l'ego. Et de l'auditeur il ne reste plus rien qu'un petit tas de cendres vibrantes et chaudes. C'est bien là un album à fredonner bassement, d'une voix rauque qui fait vibrer la gorge, qui fait trembler la voix jusqu'à plus de souffle.
Mais Ego : Echo est aussi un piège, un poison trompeur. En fait un album venimeux, corrosif. Il est une invitation à l'abandon, quelle-qu'en soit la voie, drogue, amour, douleur, transe. Derrière la préciosité des mélodies et leur envol presque mystique se cachent des visions crues et pantelantes. Et la révélation se fait que chaque chanson est une fin en soi. Un abandon ou une mise à mort violente.
Si le chant sort proche du micro, comme pour murmurer au creux de l'oreille, ce n'est pas par tentative de séduction, mais pour mieux annoncer le trépas. "Hiver", balade lascive et morbide en est l'exemple parfait. Les textes crus mêlent viande, chair, amour physique, dissection.
Pour finir, le triplet des Echo #1, Echo #2, Echo #3 forme un épilogue industriel. Un tunnel obsédant et grouillant qui mute en une dernière comptine toxique avant de sombrer dans l'inconscient. Le vide n'a jamais été aussi séduisant.
Exceptionnel ! !   19/20 (X-Silence)

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