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Album

Décembre Est Un Samedi

Description

Lorsqu'en 2003 nous sortions Les environnement principaux, second album de Melatonine, le post-rock était donné pour mort. Pourtant, le post-rock n'était pas éteint pour autant malgré les dires des spécialistes. « Ces mélodies lancinantes tronçonnées au bruit blanc, inquiet... aux guitares suffisamment expressives pour que l'album se passe de mots... » écrivait les Inrockuptibles \ « Héritiers de Mogwai, Slint et Tortoise » s'inscrivant « dans une riche tradition d'innovation dans le rock » lui assurant « une brillante relève » soulignait Rolling Stones. Le post-rock mis à mort ne tarda donc pas de se réveiller et de convertir la presse spécialisée « à la mélatonine ». Après des concerts explosifs donnés en première partie d'Explosion in the sky ou de Dianogah (pour ne citer que ceux-là) le groupe devint vite une référence du post-rock français. La melatonine ou « hormone du sommeil » suscita malgré elle de vifs maraudages. Le groupe se fit insidieusement « voler » son nom par un autre groupe de rock pour teenagers signé chez Universal. L'antériorité du nom de notre groupe (leur premier album éponyme autoproduit date de 2001) suffit légalement à prouver leur légitimité première, et ce, malgré les efforts perfides de « la grande machine » pour tenter de leur en interdire l'usage. Pendant ces 2 dernières années, parallèlement à la composition de ce nouvel album, Mathieu Lozinguez (guitares) s'adonne à son projet electro-rock King Kong was a cat (un album devrait voir le jour prochainement sur notre label) et Nicolas Tochet (basse) lance son projet solo électronica Zéro degré et crée le label Le Kit corporation qui sort son premier album « Les écrans ». Son label s'impose vite comme un laboratoire pointu de musiques électroniques diverses avec des artistes aussi talentueux que Dolibox, Menuet, Orange Brown, Echoes... En Août 2005, les Melatonine rentrent en studio avec la complicité de Gilles Deles (Lunt), déjà aux manettes de la production de leur précédent album. Le groupe a décidé d'abandonner les atmosphères de nappes et de synthétiseur, les apartés de samples pour un album rock joué live. La consigne est claire : un son brut, direct sans artifices. C''est bien cette osmose que l'on ressent en écoutant décembre est un samedi : la puissance rythmique d'Alexandre Oury se coordonne au groove de Nicolas Tochet mais celui-ci brouille les pistes de cette alchimie rythmique, chaque fois que sa basse manque de rendre l'âme dans la fureur des distorsions. Mathieu Lozinguez combine avec brio, lyrisme et densité sonore qui donnent à son jeu bruitiste toute sa singularité. Melatonine ne s'est pas contenté de sombrer dans une "recette" qui a tué bien des groupes du genre, ou de multiplier les esquisses techniques qui rendent hermétiques certaines formations de math-rock. Comme chez Fugazi, c'est une savante combinaison d'intelligence et de simplicité qui gouverne. Dès l'introduction, on pense à Kinski pour leur sens de la rupture et de la dynamique, suivi d'un « Lons » au groove curieusement perverti. « Hurkst » remet au goût du jour un jeu de guitare où l'on croirait entendre Robert Fripp revenu à ses premiers amours(King Crimson). « E.L.E.V.E.N. » clôt l'album dans un vacarme hypnotique où plane le fantôme de « the diamond sea » (Sonic Youth). Le groupe Melatonine nous montre qu'il a su redonner au trio guitare-basse-batterie ses lettres de noblesse, dans des chemins où beaucoup ont vite tourné en rond.

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