Label : Co-production Stembogen / Tsuku Boshi
Intriguing soundscapes, spatial and resonant. Subtle at times, relentless at other times, but all the time very elaborate and conjuring a feeling of suspense.
Label : Co-production Stembogen / Tsuku Boshi
Intriguing soundscapes, spatial and resonant. Subtle at times, relentless at other times, but all the time very elaborate and conjuring a feeling of suspense.
| 01 Hématomes | 00' 24" |
| 02 La traversée | 04' 35" |
| 03 Rain tree cow | 05' 03" |
| 04 The Seven Seal | 05' 46" |
| 05 Atagoshita Yabu Lane | 05' 07" |
| 06 Staub im licht | 03' 02" |
| 07 Tsuyiko | 03' 32" |
| 08 Frozen | 04' 38" |
| 09 Catalogue 0,52 | 07' 36" |
| 10 Wechsel | 01' 51" |
| 11 Lisière | 05' 50" |
| 12 Carp streamers | 04' 55" |
| 13 Konec | 04' 48" |
Your thoughts
«‘Kazagumo’ continue en quelque sorte la ligne musicale de proximité experte, butinante et polymorphe, que Stembogen avait entamé avec Gol. De quoi réjouir les amateurs de promenades électroniques pointues et mutantes.» (Octopus-en-ligne).
«C’est vraiment un travail de raffinement autour d’un univers qui ne démérite pas par rapport à toute l’expérience de 50 ans de musique concrète, écoutez, même si c’est de la musique électronique
d’aujourd’hui, c’est vraiment dans le droit fil de ce travail expérimental...» (Electromania, France Musique).
L’introduction que constitue Hématomes, est une véritable porte d’entrée dans l’univers sonore de Mokuhen, mêlant percussions et froissements métalliques pour un rendu très musique contemporaine, entre électroacoustique et concrète donc. Par la suite, c’est sur cette base classique que Laurent Guérel va poser sa patte. L’album fourmille de sonorités absconses, étranges, qui interrogent l’auditeur, un mélange de curiosités électroniques, glitchs, claquements, souffles, crépitements, et de bruitages réels (ou imitations), ces derniers ajoutant encore à l’aspect cinématographique de la musique de Mokuhen. Chants d’oiseaux et bruits de pas sur Catalogue 0,52, frottements sur Lisière, sorte de coup de balai régulier, servant d’élément rythmique lancinant, répétitif, sur Rain Tree Crow. Un petit côté "cinéma pour l’oreille" donc, mais plus simplement Mokuhen est un créateur d’ambiances, d’atmosphères un peu sombres, inquiétantes, sur lesquelles on colle facilement des images (Frozen, Catalogue 0,52).
Mais ce qui fait que l’on accroche autant à cet album, c’est l’utilisation de mélodies et sonorités plus classiques, instruments acoustiques ou boucles électroniques, en particulier quand ces éléments y prennent une place subtile, discrète, apportant la petite dose de poésie qui va sublimer le morceau. La plupart des titres intègrent ce type d’élément, parfois de manière assez abrupte avec des morceaux alternant et séparant assez franchement passages concrets et séquences mélodiques, et d’autres lors desquels les styles tentent de cohabiter. A ce titre, on retiendra tout particulièrement La Traversée, un petit bijou de finesse avec de lointaines et subtiles boucles ambient sur lesquelles se baladent crépitement électroniques et percussions improvisées, ou encore l’ambient organique de Carp Streamers.
Kazagumo est un album de contrastes, passant sans cesse de denses tensions à de doux apaisements, formé d’accélérations et ralentissements, empruntant tout autant aux musiques savantes, électroniques, cinématographiques ou encore au jazz. Fort de ces influences et repères, d’un abord un peu difficile, Kazagumo s’apprivoise finalement très rapidement pour se révéler être un disque un peu à part, auquel on s’attache. Peut-être parce qu’après de nombreuses écoutes on se rend compte qu’on n’a pas fini d’en faire le tour.
Fabrice Allard
le 9/01/2010
http://www.etherreal.com/
La première vertu de Kazagumo est d'exiger l'attention. On ne peut pas aller faire la vaisselle, on ne peut pas discuter sur fond sonore, on ne peut pas draguer, on ne peut pas penser à autre chose. Ça ne marcherait pas. Pas d'émotions puissantes, pas de veine lyrique, pas de douche sonique. Il faut se poser, arrêter les machines du monde, écouter, être attentif. Quel soulagement, en vérité, qu'un disque qui ne vous accorde aucune distraction.
Dans le vaste champ des musiques électroniques, Kazagumo (le vent annonçant la pluie) s'inscrit dans le registre des symphonies pour un homme seul. La matière sonore est souvent très peu dense. Le silence est strié de radiations, d'irradiations, de percussions métalliques, de clochettes et de percussions de cordes. Tournent des périodes de chuintements, crachotements et craquements. La musique frotte. Elle résiste. L'absence d'instrument n'en fait pas une musique virtuelle. L'abstraction n'en fait pas une musique éthérée. C'est une musique d'objets, sans objets originels assignés. Sifflets, vrilles, clapets, gonds. Une musique de mécanismes. Entrechocs, clongs, gongs, résonances. Une musique micro et pluri-rythmique.
Kazagumo explore parfois des notes aqueuses, de grosses bulles sonores sur une surface d'huile. Peu de dissonance de toute façon, pas de discordance. De l'ambient, Mokuhen retient des pratiques d'écoute apaisée. Sur Frozen, on entendra même un authentique violon rayer un instant la surface. Et sur Lisière, une aurore mélodique, qui, brouillée de perturbations, évoque le premier album de Fog.